Isabelle Piché, conseillère municipale,
District Saint-François
Achille Cifelli, chef d’Action Laval
AVENIR DE LA RUE COLBERT : LE MAIRE SE CACHE
DERRIÈRE LA PROCÉDURE
Laval, le 2 septembre 2026 – Action Laval déplore le refus du maire et de son équipe d’appuyer la proposition de la conseillère municipale dans Saint-François, Isabelle Piché, demandant au comité sur le patrimoine et la toponymie de Laval de se pencher sur l'avenir de la rue Colbert.
La proposition faisait suite à une démarche du sociologue lavallois, Frédéric Boisrond, qui réclame le retrait du nom de cette rue rendant hommage à Jean-Baptiste Colbert. Ministre de Louis XIV, il a joué un rôle majeur dans l'organisation de l'État français au XVIIe siècle, mais qui il est aussi l'un des instigateurs du Code noir sur l'esclavage dans les colonies françaises.
Pour justifier son refus, le maire a fait valoir que la demande de monsieur Boisrond avait déjà été transmise au comité sur le patrimoine et la toponymie, ce qui rendait, selon lui, l'avis de proposition superflu. Or, monsieur Boisrond n'a jamais reçu de réponse à la requête qu'il avait adressée au bureau du maire.
« On nous parle de procédure administrative, alors qu’on oublie l’essentiel : écouter et respecter le citoyen qui a soulevé cette question. Un appui du conseil municipal aurait envoyé un signal politique fort sur un enjeu qui touche à l’histoire de l’esclavage et à la reconnaissance de nos concitoyens afrodescendants », affirme Isabelle Piché, conseillère municipale de Saint-François.
« Transmettre une demande à un comité, ce n’est pas la même chose que de donner un appui fort à une démarche légitime. Le conseil avait l’occasion de démontrer sa sensibilité et son ouverture. Il a plutôt choisi de s’en remettre à une simple démarche administrative, sans même que le demandeur en soit informé », déplore Achille Cifelli, chef d’Action Laval.
Frédéric Boisrond, quant à lui, s'est dit très déçu du rejet de la proposition : « Je m'attendais à un vote unanime de la part du conseil. Parce que ce qui était demandé, c’était simplement un appui à un principe. Rien de plus. C’est très décevant de constater que Laval, ma ville, ne donne pas l’exemple aux 21 autres administrations municipales qui traînent une rue Colbert dans leur toponymie. »
Action Laval se désole de l’issue de sa proposition, mais s’assurera que les travaux du comité avancent dans les meilleurs délais, et que les recommandations qui en découleront seront suivies.