Isabelle Piché, conseillère municipale
District Saint-François

David De Cotis, conseiller municipal
District Saint-Bruno

Achille Cifelli, chef d’Action Laval

Carré Laval : création d’une fiducie d’utilité sociale (FUS)
Action Laval et Parti Laval dénoncent un processus opaque et une décision forcée et précipitée

Laval, le 8 octobre 2026 – Mercredi soir, les conseillers municipaux pour Action Laval, Isabelle Piché et David De Cotis, ainsi que ceux de Parti Laval, Louise Lortie et Martin Vaillancourt, ont voté contre la recommandation de l’administration du maire visant la création de la Fiducie d'utilité sociale (FUS) du Carré Laval et les ententes qui en découlent. Ceux-ci ont fermement dénoncé la façon dont une décision aussi structurante a été soumise au conseil municipal, alors que les élus des oppositions n’ont disposé que de très peu de temps pour analyser un dossier juridique et financier complexe ayant un impact sur la ville pour plusieurs décennies. Les deux oppositions unissent donc leur voix pour dénoncer cette façon de faire, qui manque, selon eux, « clairement de transparence envers les élus qui ne sont pas membres du parti du maire, mais aussi envers la population ».

Action Laval dénonce une faille « démocratique »

Bien qu’Action Laval appuie le développement du Carré Laval, la formation politique estime qu’il est préoccupant qu'un secteur aussi stratégique soit soustrait à la capacité des futurs conseils municipaux d'ajuster les orientations selon les besoins des citoyens.

« Les citoyens élisent des maires et des conseillers pour orienter l'avenir de leur ville. Nous croyons qu'un projet de cette ampleur ne devrait pas être retiré du contrôle démocratique des élus pour plusieurs générations », a déclaré Isabelle Piché, conseillère municipale d'Action Laval.

Action Laval déplore également avoir reçu la présentation de base du projet le jour même du vote. Le montage comprend notamment un acte de fiducie, une convention d'option de 50 ans, une aide financière de 910 000 $ et des mécanismes de transfert de terrains municipaux. Pour la formation politique, un engagement de cette importance méritait une analyse beaucoup plus approfondie.

« Notre rôle est de protéger les intérêts des Lavalloises et Lavallois. Nous ne pouvons pas analyser correctement un montage juridique et financier aussi complexe en quelques heures seulement », a affirmé David De Cotis, conseiller municipal d'Action Laval.

« Nous ne connaissons toujours pas le coût total des infrastructures que les contribuables lavallois devront assumer. Dans ces conditions, il serait irresponsable d'approuver aujourd'hui un engagement de 50 ans », a ajouté Achille Cifelli, chef d'Action Laval.

Parti Laval met en doute un processus « qui ne permet pas aux élus de jouer pleinement leur rôle »

Pour Parti Laval, le principal problème dans ce dossier réside dans la démarche ayant mené au vote de mercredi soir. Sa cheffe par intérim, Louise Lortie, conseillère municipale de Marc-Aurèle-Fortin, souligne que le dossier était en préparation depuis longtemps, alors que les élus des oppositions n’ont eu accès à l’essentiel de l’information et des explications qu’à la veille de la séance du conseil.

« C’est une façon de faire opaque et antidémocratique. Quand une décision aussi importante est préparée depuis longtemps, mais que les élus de l’opposition n’en prennent connaissance qu’à la toute dernière minute, et qu’on nous demande de voter de façon précipitée, ça démontre un sérieux manque de respect envers leur rôle et envers le processus démocratique », d’affirmer Mme Lortie.

En effet, dès juillet 2025, les procès-verbaux du comité exécutif de la Ville montrent que les élus du Mouvement lavallois qui y siégeaient avaient autorisé « la réalisation d’actes préparatoires à la constitution d’une fiducie d’utilité sociale et d’un organisme sans but lucratif » en lien avec le projet du Carré Laval. Parti Laval affirme également que le tout avait été validé par le Service des affaires juridiques en 2025, sans que les élus des oppositions en soient informés. Pour Parti Laval, cette façon de faire constitue un frein important à la capacité des élus des oppositions d’exercer pleinement leur rôle et de représenter adéquatement la population.

« Notre rôle comme élus, ce n’est certainement pas d’arriver au conseil municipal et d’entériner des décisions à l’aveuglette. Loin de là ! On doit avoir suffisamment de temps pour poser des questions, comprendre les règlements qui nous sont présentés et participer réellement au processus décisionnel. Sur un dossier aussi important, c’est la moindre des choses », d’ajouter Martin Vaillancourt, conseiller municipal de Fabreville-Sud pour Parti Laval.

« Quand une décision peut engager la Ville pour plusieurs années, la transparence ne devrait jamais être optionnelle. Tous les élus doivent avoir accès à l’information au bon moment, pas une fois que tout est déjà ficelé. C’est une question de respect du conseil municipal, mais aussi de respect envers la population qu’on représente », explique également Louise Lortie.

Action Laval et Parti Laval réitèrent qu’un dossier d’une telle importance doit pouvoir être étudié dans des conditions qui permettent à l’ensemble des élus de jouer pleinement leur rôle. Les deux formations ont donc voté contre la recommandation et continueront de réclamer davantage de transparence, d’information et de respect du processus démocratique dans les décisions qui engagent l’avenir de Laval.